• Monique L

Manu

Cette fois-ci c’est l’occasion de la dernière chance. Toutes les conditions sont réunies. Il a tout fait pour ça. Jeune loup, son ambition s’appelle pouvoir. D’après ce que l’on sait, il n’est

pas issu de la cuisse de Napoléon, mais il en a l’arrogance.

Il n’hésite pas à sortir des sentiers battus. Etudiant, il court plusieurs lièvres à la fois. Séduit d’abord par le théâtre, il touche à tout. Hormis quelques petits accidents de parcours qu’il

s’est empressé de mettre sous le boisseau, il a toutes les ficelles en main pour séduire.

Il s’allie à des faux amis auxquels ils tournent le dos si besoin, pour que le vent souffle de son côté. Il fait preuve d’une certaine souplesse pour retourner sa veste.

Par opportunisme, il saute du coq à l’âne, ou plus précisément, il mène sa barque : d’inspecteur des finances, en passant par banquier d’affaires, il devient gérant chez Rothschild. Ce n’était pas sa tasse de thé, mais il en a bien profité. Un panier de crabe dans

lequel il a su choisir ses relations. Les poches pleines, on lui offre le poste de secrétaire d’état avant d’être propulsé ministre de l’économie. Tout allait bon train, et la lumière du pouvoir au bout du tunnel n’était pas loin. Il décide donc de sauter et de prendre lui-même les commandes de la locomotive en marche.

Il entend mener la danse, s’entoure de conseillers pour le principe. Principes sur lesquels il est prêt à s’assoir, s’ils contredisent ses plans.

Il élabore son programme : de la poudre aux yeux, un miroir aux alouettes aux effets déformants. Certains ont crié au loup, d’autres l’attendaient au tournant. Mais trop nombreux sont ceux tombés dans le panneau ; ce qui lui vaut aujourd’hui la place qu’il briguait pour être au-devant de la scène.

Beaucoup en sont revenus et sentent passer la douleur.

Avec le temps, il a dû jeter le masque. Même les plus naïfs ont perçu le marché de dupes dans lequel ils sont tombés.

Ils ont vite compris que ce qu’il donne d’une main, il le reprend de l’autre, ni vu, ni connu.

Faisant croire à tout un chacun, qu’il pouvait décrocher la lune, qu’il suffit de traverser la rue, de retrousser les manches pour mettre du beurre dans les épinards, il a misé sur le mauvais cheval. Il doit regretter, ce jour-là, de ne pas avoir tourné 7 fois sa langue dans sa bouche. Quoique, il n’est pas du genre à se mordre les doigts. Se serrer la ceinture, c’est pour lui un idiome bon pour les autres.

Avec l’image de banquier qui lui colle à la peau, ce conseil est indigeste.

Les décisions à sens uniques à bases de négociations indiscutables reviennent à faire prendre des vessies pour des lanternes à ceux qui jouent encore le jeu de la démocratie. De quoi se retourner dans la tombe.

Les erreurs ne se comptent plus. Et s’il croit tirer son épingle du jeu en faisant porter le chapeau à des boucs émissaires sur lesquels il tire à boulet rouge, il se met le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Car à force de tirer sur l’ambulance, il pourrait tomber des nues et se retrouver à la rue.



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