• Dominique

Un petit coin de France

Mis à jour : mai 26

On raconte que dans la bonne ville de Nevers, il ne faut surtout pas aller déjeuner au restaurant le Gonzague car les délicieux pâtés servis avec quelques cornichons en garniture, cornichons faits maison, il faut le dire, seraient préparés avec les chats ramassés dans le quartier.

Pour preuve, dans ce quartier, il n'y aurait plus un chat.

La pauvre Madame Dumoulin a "perdu" ses deux compagnons, Caramel et Pompon, si précieux à meubler sa solitude. Des affichettes ont été mises dans le quartier mais aucune trace, aucune nouvelle.

Ils ont dû être dégustés au-cours d'un de ces plantureux repas servis au Gonzague.

C'est une honte, pauvre femme ! On dit même que les civets qui faisaient les beaux jours et la renommée de ce lieu ne seraient pas préparés avec du gibier mais des ragondins. Des ragondins ! ces gros rats qui peuvent transmettre des maladies aux hommes comme aux

animaux. Ils paraîtrait même et de source sûre que le patron, Monsieur Alvés de Oliveira irait faire ses "achats" dans un petit village proche de Nevers. Les produits lui seraient fournis par

des braconniers. Ce petit restaurant depuis son ouverture avait beaucoup de succès. Les gourmets y faisaient la queue pour s'y restaurer. On se repassait l'adresse, il fallait réserver

pour y déjeuner ou dîner.

Un jour on a commencé à entendre des choses qui ont pris de l'ampleur au fil des jours.

Le brave patron, également le cuisinier a essayé toutes sorte de ruses pour dégonfler ces rumeurs naissantes, des dégustations gratuites, visites de sa cuisine, de sa chambre froide par d'autres collègues de la ville, transmission des recettes incriminées ainsi que les adresses de ses fournisseurs mais rien n'y faisait.

Aujourd’hui, le restaurant est désert. Seuls quelques fidèles qui ne se sont pas laissés impressionner par les ragots soutiennent le couple contraint de licencier son personnel.

"Ces amis" ont essayé de créer un comité de soutien aux restaura-teurs mais ont reçu de nombreuses insultes et lettres de menace.

Devant la pression qui montait Monsieur et Madame Alvés leur ont demandé de ne pas insister. Ils ont l'intention de vendre le Gonzague et envisagent de repartir au Portugal.

A Nevers comme ailleurs, les commerces ferment les uns après les autres, repris par des étrangers pour des restaurations rapides. On évoque également le blanchiment d'argent.

Pour le moment aucun autre lieu de restauration n’est mis en question mais on peut imaginer que sous la pression populaire, une fois que le sort de Monsieur et Madame Alves réglé, « ça pourrait bien venir. Une plainte a été déposée mais elle est restée sans effet, étonnant non ?

Qui est à l'origine de cette tragédie car pour ces braves gens, c'est leur vie qui est ruinée. Le saurons-nous un jour ? Ce que ce fait divers met en évidence c'est la bêtise, la brutalité, le

racisme latent. Si nos restaurateurs avaient été de "bons franchouillards" aurions-nous assisté à ce déferlement de haine.

"La France est à refaire mais elle sera toujours à refaire".


Ce fait divers a été publié dans "Toutes les Nouvelles de Nevers".

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