• Delphine L

Histoires de points de vue

« Quoi ? Comment ça ? Mais c’est quoi ce bordel ? A quoi tu sers depuis tout ce temps, si tu n’es pas capable de changer le monde ? Je te laisse gérer pendant que je m’occupe des gosses et c’est ça que tu me laisses ? Il y a tout à reprendre ! Absolument tout ! »


Jour 1 : Gourmandise (Avril 2022)

Au soir du résultat des élections, la nouvelle Présidente de la France prend le temps de savourer lentement, avec délectation et gourmandise cette coupe de champagne. Elle a gagné ! Elle se répète

les grandes lignes de son discours : elle y saluera son amie, sa sœur, la Première Ministre ainsi que l’équipe qu’elle connaît déjà, à l’exception des cinq ministres hommes, qu’il a fallu nommer pour

respecter les quotas ! Elle montre ainsi qu’elle est capable de conciliation et d’ouverture d’esprit !

Elle se trouve à la tête de la deuxième Révolution française, un séisme : une élection d’une femme noire à la tête de l’Etat !


Jour 2 : Orgueil (Janvier 1936)

Dans un café de Saint Germain-des-prés, la célèbre peintre Dora Maar tombe éperdument amoureuse d’un peintre qui abandonne tout pour la suivre. Elle ne quitte pas son amant pour autant, avec lequel elle a eu un enfant. Le jeune peintre devient le modèle de ses œuvres les plus célèbres.

Huit mois plus tard, elle le quitte. Il est désespéré et se replie dans la maison qu’elle lui a offerte.

Seule la postérité redécouvrira une œuvre écartée par l’orgueil de cette génie et retiendra enfin le nom de cet amant : Pablo Picasso.


Jour 3 : Avarice (Octobre 1888)

Klara a déjà perdu trois enfants de la diphtérie. Elle ne se sent pas capable d’affronter cette quatrième grossesse de ce mari violent et si vieux. Elle est encore jeune et veut attendre un peu, elle

sait qu’elle aura enfin une fille. Son mari, trop avare, ne le lui laisse aucun argent. Ce sont ses sœurs qui l’aident à avorter. L’une finance et la deuxième l’accompagne. Elle a perdu beaucoup de sang

mais est toujours en vie. C’était un garçon ; son mari l’aurait certainement appelé Adolf.


Jour 4 : Envie (Mars 1803)

Le couple est heureux d’annoncer la naissance de leur fille Lucie. Napoléon, en père si investi, décide de rédiger, à cette occasion, de nouvelles lois qui permettront à sa fille de suivre ses traces. « Je veux que ma fille soit considérée comme une personne à part entière, indépendante et douée pour toutes les activités. C’est pourquoi toute femme doit posséder son entière indépendance intellectuelle, financière et juridique. Je dédie à ma fille ce nouveau code pour qu’elle poursuive une carrière politique, suive des études, travaille, touche un salaire, voyage, se marie et divorce selon son envie. »


Jour 5 : Paresse (Août 1789)

Les débats sont publics et personne ne s’étonne de l’importante présence des révolutionnaires dans l’hémicycle : Pauline Léon, Claire Lacombe, Charlotte Corday et Olympe de Gouges sont alertes et

écoutent attentivement les débats qui s’éternisent. Elles demeurent étrangement silencieuses mais conservent aux lèvres un sourire malicieux.

L’heure est avancée et les députés dorment à moitié. Jean-Joseph Mounier propose au vote les trois premiers articles ; les députés, par paresse, refusent une dernière lecture. Le 26 août, la Déclaration des droits de la femme et de l’homme et de la citoyenne et du citoyen de 1789 est définitivement adoptée.


Jour 6 : Colère (-19 000 ans)

Dans la grotte faiblement éclairée, la colère monte : la nourriture manque ! « Ecoutez-moi, demande Lucy, j’ai trouvé la solution. » Elle veut expliquer aux femmes de la tribu l’utilité de l’arme qu’elle vient d’inventer. Elle dessine sur les parois de la grotte les étapes de la chasse qui est révolue à présent : la force physi-que des hommes et les pièges tendus aux bêtes seront inutiles. Avec cette nouvelle arme, les femmes resteront à une distance importante et propulseront les épieux sur les bêtes.


Jour 7 : Luxure (A l’origine)

Le rusé serpent demande à la femme : « Dieu vous a autorisé à manger tous les fruits de ce jardin ? »

Elle lui répond en ces termes : « Evidemment ! Nous mangeons ce que nous voulons et nous sommes libres, sans aucune contrainte. Nous aimons particulièrement ceux de ce superbe pommier. Regarde comme ils sont bons à manger et beaux à la vue. Chaque fruit est un cadeau précieux offert à nos sens. » Dieu renouvelle sans cesse cet arbre aux fruits qu’on nomme « La connaissance ». Le couple ouvre enfin les yeux, la femme et l’homme se voient nus et l’homme murmure à la femme : « Ton plaisir est le mien. »

Dieu les encourage : « Grâce à ce fruit nommé connaissance, je mettrai le plaisir et le respect entre toi et l’homme. J’allégerai tes souffrances et tu enfanteras avec bonheur. Tous tes désirs porteront avant tout sur ton être et tu seras, maîtresse de ton corps et de ton esprit. »

Dieu se tourne ensuite vers l’homme : « Puisque tu as écouté, avec sagesse, la voix de la femme et que tu as mangé le fruit, tu possèdes, à présent, la connaissance pour tirer du sol, toujours fertile, la nourriture tous les jours de ta vie. »

Eve donne à son homme le nom d’Adam car il faut bien lui en trouver un et le chasse du jardin d’Eden pour qu’il s’occupe des chérubins.





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