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Je vous écris du foyer...

de Constance de la Margerie


Je vous écris du foyer où j’ai pris mon service. La jeune Fatia exige, chaque matin, en hurlant, une nouvelle serviette éponge. Makou a raconté le culte des ancêtres et les ossements déterrés puis installés dans l’appentis devant la case. Walid est en quarantaine dans sa chambre et fait du roller avec les mains. Karine essaye du rouge à lèvres en ombre à paupières. Evana refuse toujours d’entendre qu’elle ne peut pas sortir. Elle est en manque. Dave veut revoir le juge car il trouve son placement injuste. Noël a eu l’autorisation d’aller à l’enterrement de sa mère. Il est revenu avec un œil au beurre noir et ne parle plus. Je voudrais. C’est impossible. Je ne les verrais pas. Seule, je suis enfermée à la cuisine et prépare leurs repas. Je pense à vous et je flotte. Nous sommes sur ce chemin, sous la pluie. Vous avez mis vos bottes noires et votre sourire vous permet de passer entre les gouttes. En rentrant je ferai pour vous une soupe de cresson et une tarte au citron. Je glisse mon nez dans votre cou.

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