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Je vous écris, même si...

de Raphaël Kahan

La bonne action.

Monsieur, Je vous écris, même si je ne vous connais pas, mais je suis une amie de longue date de votre mère. Nous savons tous les deux qu’elle se trouve dans l’Ehpad près de chez moi. Elle m’a beaucoup parlé de vous et m’a informé suite aux dernières mesures de confinement, de l’impossibilité de vous approcher d’elle, même si vous êtes son fils. Vous n’êtes pas forcément informé de toutes ces mesures, elle m’a aussi fait part de votre situation sociale. Sans domicile et livré à la rue, la méconnaissance des dernières actualités doit engendrer un sentiment de colère et de frustration si vous n’êtes pas familiarisé aux raisons de tous ces changements. Je vous fais parvenir cette lettre par l’intermédiaire d’un de vos compagnons d’infortune. Je sais à quel point vous êtes proche d’elle et votre souhait le plus cher serait de l’accompagner et de lui tenir la main dans ces moments difficiles. Son état de santé s’est détérioré depuis le début de cette crise et si elle attrapait le virus, ce serait fatal pour elle et cela justifie son confinement. On rencontre sa destinée souvent par les chemins que l’on prend pour l’éviter. Lorsque le confinement sera terminé, il est probable que vous ne puissiez pas plus approcher de votre mère. Vous aurez été trop en contact avec des personnes infectées et vous serez sans doute un porteur sain si vous n’avez pas été diagnostiqué. De mon côté je suis confinée seule et j’ai de la place chez moi. Je vous propose d’occuper le studio au rez-de-chaussée de ma maison, ainsi vous aurez la possibilité de vous laver et de changer vos habits. Après quelques jours d’une alimentation plus saine, vous retrouverez certainement l’allure et la prestance d’antan. Vous vous demanderez pourquoi je fais cela pour une personne inconnue. Je vous répondrai, je connais votre mère et une amitié sans confiance, c’est comme une fleur sans parfum. Je ne vous demanderai rien en échange. Toutes les fleurs de l’avenir sont dans les semences d’aujourd’hui. Mon plaisir sera celui de votre mère et j’aimerais l’accompagner à ma manière en lui rendant la vie le plus agréable possible.

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