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Journal « Le Petit Anarchiste »

de Monique L.


Chronique de Cora Suvroni - Mardi 31 mars 2020 Au nom de l’intérêt de la Santé Publique A l’heure où nous bouclons ce numéro la situation sanitaire semble toujours incontrôlable. Le scénario catastrophe tourne en boucle sur les écrans et alimente la psychose ambiante. Alors que la pandémie s’intensifie, les personnels soignants sont aux premiers rangs, tous sur le pont. Ils sont fatigués, révoltés, exaspérés par le manque de moyens. Hier ils manifestaient pour ça. Depuis un an, ils alertaient sur les dangers de cette politique de pourrissement. Ils réclamaient plus de lits, plus d’équipement et plus de personnels. En réponse, au nom d’une économie soi-disant contrainte, des hôpitaux ont été fermés, les effectifs ont été réduits. Méprisés hier, ils sont glorifiés aujourd’hui. Toujours en grève, ils sont présents, prennent des risques. Pas un jour où un membre du gouvernement responsable n’exprime sa haute considération pour tous ces gens qui donnent sans compter. C’est là où le bât blesse. Car c’est justement parce que les décideurs ont trop compté et refusé d’anticiper que la catastrophe impensable est arrivée. C’est sûrement pris par cette belle contradiction que le pouvoir fait abstraction de cette réalité et choisit sa stratégie : appeler à la solidarité collective, culpabiliser les indisciplinés. Les coupables, c’est vous les inconscients qui ne respectez pas les règles, ne confinez pas correctement et infectez sans le savoir. C’est vous qui faites grimper les statistiques et aidez à franchir la barre symbolique et fluctuante du nombre de morts. Dans ce marasme, le chef de l’Etat ordonne des masques, des respirateurs, prône la production nationale, encourage les entreprises. A coup d’ordonnances, l’assemblée majoritaire autorise, nécessité oblige, la semaine de 60h pour ceux qui triment, recommande l’utilisation des RTT et CET au bon vouloir des patrons qui peuvent aussi imposer les congés payés pour ceux qui appliquent le confinement. En résumé, on déréglemente le code du travail, on remercie les salariés et les ouvriers pour leur abnégation. On nous rebatte les oreilles de flatteries pour mieux faire passer une pilule qui ne soigne pas. Le tout dans un silence médiatique étouffé par des déclarations qui appellent à la discipline, à l’unité nationale, au civisme collectif. Ne nous laissons pas intoxiquer par des discours moralisateurs. La popularité des têtes de l’Etat aurait bondi de plusieurs points selon différents baromètres. La pandémie aurait-elle du bon ? Croyez-moi, ce n’est qu’apparence. Quand toutes les actions en sourdine seront dévoilées, la révolte d’avant resurgira enrichie d’arguments supplémentaires. Après avoir déculotté le service public, il faudrait se taire, ignorer les vraies responsabilités ! A nous citoyens de rendre ce temps historique, établissons la résistance qui s’impose. Restez chez vous, mais ne dormez pas, ne vous taisez pas. Le Covid19 a donné le coup de pied dans la fourmilière, tirez en profit Cora Suvroni Anarchiste indépendante

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