• Michèle Sartout

L’usure

« Mais ce soir non plus je ne me sens pas en forme, j’ai même du mal à tourner mes phrases. Je parle moins bien. Le temps sans doute, on respire mal » et l’air est lourd. L’été touche à sa fin.

Mais c’est peut-être aussi le temps qui passe ? Je me sens étranger parmi eux. Leurs valeurs ne sont plus les miennes. Serais-je devenu vieux sans m’en rendre compte ? Ou ai-je pris conscience que j’étais arrivé à un tournant de ma vie, que ma destinée était devant moi ?

Partir, oui partir. Les fuir comme la peste avant que leurs regards ne deviennent condescendants et ironiques, partir avant la chute dans la décrépitude. Demain je leur annoncerai mon départ, j’écrirai une lettre à mon ami allemand et nous ferons des projets d’avenir. Nous visiterons Venise et Istanbul, Naples et Vierzon.

Nous découvrirons ce que nous n’avons pas su voir jusqu’à présent. Nous nous sentirons jeunes et beaux, nous nous aimerons.


L’homme révolté

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