• Dominique

La recette du baume au coeur

Qu'importe la recette, ce qui compte ce sont les sentiments qui t'accompagnent tout au long de la préparation.

Choisis plutôt une recette sucrée  et dans ton plus beau saladier, celui que tu as récupéré chez ta grand-mère qui vous faisait de si merveilleux gâteaux pour vos goûters d'enfance... tu vas casser

4 oeufs et tu vas les battre jusqu'à ce que la mixtion devienne laiteuse.

J'oublie, tu auras pensé à mettre des épices... cannelle, fleur d'oranger, muscade, gingembre, sucre vanillé enfin tous ces petits trucs qui permettront à ton gâteau d'en être que meilleur et pendant la cuisson, il se dégagera une odeur divine et je sais que cette odeur fera que tu auras encore plus envie de déguster ce moment de bonheur.

Ensuite tu verseras de la farine accompagnée de levure, tu mélangeras, mélangeras en y ajoutant de la cassonade, de la matière grasse et un soupçon de sel. Pour les quantités , tu le fais au "feeling".

Tu choisiras un moule... veux-tu faire des petits gâteaux individu-els ou bien as-tu envie de quelque chose de plus "collectif" ?

Moi, j'aime bien celui que l'on peut partager avec ceux que j'aime.

Je vais t'avouer un secret, j'adore lorsque le gâteau est dans son moule qu'il commence à cuire et à répandre une douce odeur, lécher le saladier. J'aime passer mon doigt sur les parois et le lécher avec gourmandise, un vieux souvenir d'enfance. Peu importe si ce n'est pas convenable cela me rappelle tant de choses. Et puis tu

sais, lorsqu'il cuit j'aime tellement ces odeurs de sucré qui embaument la pièce et que je ressens avec délice.

Lorsque le gâteau sort du four, doré à souhait, je rage d'être obligée d'attendre, d'attendre qu'il refroidisse, d'attendre que ceux que j'aime soient là, enfin pour le partager et le déguster.

Et oui, je pense que tu as compris... c'est la recette d'un cake d'amour.


LA RECETTE DU POT AU FEU

Pour 6 personnes

600g de paleron                                12 carottes

600g de gîte                                    6 navets

600g de plat de côte                            6 poireaux 

1queue de boeuf                                 2 branches de céleri

1 os à moelle                                   2 oignons

3 gousses d'ail

1 bouquet garni - 4 clou de girofle

2/3 CS de gros sel - 25 g de poivre en grain


Suzanne aime ces temps froids avec un ciel laiteux et bas, si bas qu'on a l'impression qu'il veut embrasser la terre.

Elle se demandait, à tout bout de champ s'il n'allait pas neiger.

Heureuse, elle se dit c'est pour ce soir. Bien sûr c'est pour ce soir !! Quoi de plus réconfortant et de plus convivial que de faire et de partager son sublime pot au feu. Les copains doivent s'y attendre.

Un plat qui mijote seul, tranquillement donc quoi de plus reposant, pas de prises de tête, c'est toujours bon !!

L'amour ça se cuisine tous les jours mais particulièrement ces jours-là.

Entre l'épluchage des légumes et la préparation de la viande, elle est branchée sur son portable, quelle invention géniale pour donner RdV aux copains... c'est pour ce soir soyez tous là !!

Tout en épluchant les carottes et les navets, elle se met à penser aux oignons qu'elle épluche lorsque parfois, elle a envie de pleurer... ben quoi, ça ne vous arrive jamais d'avoir une subite envie de pleurer sans savoir pourquoi ?? Elle se laisse aller mais quelqu'un peut passer à l'improviste, on ne sait jamais, alors elle épluche des oignons, des dizaines d'oignons au-moins, elle sait pourquoi elle pleure.

Dans un grand faitout, elle met la viande accompagnée des divers aromates, plante les clous de girofle dans un oignon, elle aime bien ce nom clou de girofle ça l'amuse... j'ai un clou dans ma chaussure, quoi... un clou de girofle... Tiens, ne pas oublier de demander à Pierre de nous préparer ses délicieux cocktails. Suzanne ne déteste pas d'être un peu enivrée, elle doit reconnaître que dans ces moments là, elle se sent plus libre, plus détendue.

Elle hume le bouillon qui commence à embaumer, se lève brusquement pour regarder à la fenêtre. Elle a du mal

à rester assise trop longtemps mais surtout elle veut voir s'il neige, le blanc l'apaise.

Toujours rien mais ça va venir !!

Elle a constamment envie de se surpasser, elle est de plus en plus souple par rapport au suivi de la recette comme lorsque quelqu'un vous aime et qui accepte tout de vous.

Pour la dernière heure de cuisson , elle installe les légumes à leur tour. La viande a bien diminué comme si elle avait voulu laisser de la place à ces derniers arrivants, qu'ils soient bien installés. Au loin, elle entend des cris d'enfants. C'est beau, c'est la vie... elle se demande si un jour ce bonheur lui sera donné... oui, mais avec qui ?? Furtivement, elle pense à Paul...


Pendant que les ingrédients prennent du plaisir à se retrouver pour la satisfaction future des palais, Suzanne

pense au dessert , quelque chose de simple mais  qui amènera du soleil à cette magnifique journée... un nouveau coup d'oeil à la fenêtre, il ne neige toujours pas. Suzanne a envie d'oranges du Maroc arrosées d'eau de fleur d'oranger. Le Maroc, EssaouÏra la belle, la douce lui manque un peu comme un amour que l'on a perdu

de vue. Pourquoi, elle pense à Paul... c'est l'amoureux de Marguerite... certes, mais elle aime bien la façon dont il la regarde. Ils sont là ce soir. Elle pourrait, peut-être glisser dans la neige Marguerite... oui, mais la neige n'est toujours pas là.

En attendant les retrouvailles, le pot au feu cuit tout doucement. Est-ce que tout le monde sera là, pourvu qu'ils puissent tous venir ?? Cela fait un moment qu'ils ne se sont pas retrouvés.

Avant d'installer la table, une belle table fait partie du plaisir, elle va mettre un pull douillet et un pantalon confortable.

Ils se connaissent depuis le lycée et sont toujours restés en lien certes avec des coupures mais ainsi va la vie .

Pierre le musicos, va amener sa guitare... ils connaissent son répertoire par coeur, il faut dire qu'il ne se renouvelle guère, l'ami Pierre. Prise d'un fou rire, elle se retrouve devant la fenêtre. Non, il ne neige toujours pas mais ils arrivent, Marguerite en tête...

Bonne soirée Suzanne !!

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