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Le jour d'après

de Laurence de la Chapelle

Ils sont là parmi les furtifs, fantômes, inverse des êtres de chair et de sons, qui métabolisent pierre ou animal pour alimenter leurs métamorphoses.       Il est là, plus livide que les autres, radical, carnivore, venu parmi nous comme l’assassin vaniteux prêt à manger notre espèce. Il nous nargue. On l’appelle l’ottoman. Tel des zombis, la tribu des animaux de pierres attend, prête à bondir. Réducteurs de têtes ou tout simplement décapiteurs ? Ils s’installent parmi nous. Nous assiègent. Qu’est-ce ? Un cauchemar ? Des revenants ? Plus que ça, des saillies de la terre. Ils errent dans nos campagnes, transforment les espèces, aspirent notre air, le rejettent et nous asphyxient. Nous ne savons les détecter. Comme un virus, lorsque nous en croisons un, il s’identifie à nous, absorbe notre substance. Nous camouflons Gildas, notre chef. C’est à lui qu’il en veut, l’ottoman. Comme il cherche, il fouine, nous le détectons. Assassin ! Il essaie de lire nos consignes, l’analphabète ! Cet épouvantail de science-fiction, risible et fat, va se faire berner. Sous le grand érable, nous l’attendons. C’est là que nous les transformerons. Nous les éradiquerons. A 8h tapante, Gildas attendait sous son arbre sacré, le grand érable. C’est là qu’il a surgi, dans sa nuée de cloportes. Gildas, les yeux fermé a pensé, pensé. Et quand ils se sont approchés, des cloches, odorantes comme le muguet, les ont tous étouffés, absorbés. Aujourd’hui, c’est le jour d’après. Nous sommes là, sortis de l’épouvante. Nous comptons nos morts et ne savons plus pleurer. Tout est à recommencer.

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