• ...

Les mauvais garçons

de Michèle Sartout

Depuis quand suis-je enfermer ici ? deux jours, trois peut-être ? j’ai peur, j’ai froid, j’ai faim. Mais je dois rester là, les revoir me donne la chair de poule. Klieman, en particulier, le plus mauvais de la bande, il me regarde toujours avec haine, s’il me retrouve il va me rouer de coups et Van Kluger, je n’ose même pas imaginer ce qu’il me fera. Quant à Bep et Miep, les jumeaux, ils seront là à regarder et à rigoler, parce qu’ils savent que je ne sais pas me défendre. J’aurais pas dû lui marcher sur la main de Kluger pendant le match, mes crampons lui ont entaillé les doigts. Mais c’est arrivé comme ça, c’était plus fort que moi, il fallait que je me venge. Pour mon malheur Monsieur Voskyul a tout vu et m’a coller un carton rouge, tout le monde sait maintenant que je l’ai fait exprès. Je ne pouvais pas rester là à attendre qu’ils me tombent dessus, alors je me suis sauvé comme un lâche, j’ai pédalé jusqu’ici et je me suis caché. Je n’ai personne à qui parler, je m’ennuie. Papa et maman doivent s’inquiéter, ils vont me juger et me gronder, ils diront que je ne suis pas digne de leur amour. Ah, si Peter était là ce serait différent, on paresserait au soleil comme des lézards, on écouterait les oiseaux chanter, lui, c’est mon ami, il s’en fout que je sois gros. Je ne dois pas faire de bruit, ne pas sortir. Et mon vélo, s’ils voient mon vélo, ils vont savoir que je suis là ! Je vais ouvrir tout doucement la porte pivotante et vérifier qu’il est bien caché. La lumière m’aveugle, j’ai envie de hurler, mais la peur me paralyse. Bon, se calmer, il faut que je me calme, à trois j’ouvre les yeux… un… deux… trois… !!! « Papa, maman… mais comment m’avez-vous trouvez ?  - Dan, mon petit, Peter nous a tout raconté au sujet de la bande à Klieman, tu n’as plus rien à craindre, tu aurais tu nous dire qu’ils te harcelaient. » Comme il est bon se de blottir dans les bras de maman, d’écouter sa voix chaude me consoler, de sentir ses lèvres sur ma joue mouillée de larme. J’aimerais tant rester un enfant.

Posts récents

Voir tout

La libération des gloups

d'Anne Ballner Ils sont partis, j’en suis certain. Les seuls signes de leur présence sont sonores et répétés. Ils ponctuent la journée d’une présence envahissante, menaçante. Bruit de chenilles des ch

La double évasion

de Martine Kahan Cela fait quelques temps que je suis dans cette maison de retraite. C’est pour moi, une seconde prison. J’occupe la même chambre que Mme Bep Vosky, nous sommes d’ailleurs arrivées en

© 2016 Écrirensemble site officiel