• Sylvie Dumas

Monseigneur,

Mis à jour : 22 déc. 2020

Uzès, 1662

C’est à la pâle lueur d’une bougie fondante

Que je vous rédige cette lettre odorante.

Les pétales de fleurs sont ceux du jardin,

Je les ai pris chez Monsieur le curé ce matin.

Il court pas vite et j’ai tôt fait de déguerpir

Par le mur du voisin, me fixant sans réagir.

Je m’égare et mon propos n’est point nommé.

Monseigneur, je réclame, en tant que chat aimé,

Digne inspirateur d’un des plus grands auteurs

Ô ne riez pas, vous verrez ce que je vous dis,

Bien des siècles plus tard, on parlera de lui ;

Sur les hautes scènes, bon nombre le joueront,

Applaudis, en rappel, lors de représentations.

Donc, vous disais-je, c’est des bottes que je veux !

Des chaussures pour moi, à ma taille c’est mieux.

En cuir véritable, avec un p’tit talon,

Souple, solide, en-dessous de mes ischions.

Ah mon maître revient, je vous quitte illico

Et cours sur le papier, lui donner des vers beaux.

Il planche sur une œuvre, l’histoire d’une veuve,

Qui traverse de douloureuses épreuves...

Rien de bien excitant mais il a besoin de moi.

Ne me décevez pas ! Monseigneur en vous j’ai foi

L'hiver est rude et à mes pattes j'ai froid.


Le chat de Monsieur Jean



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