• Monique Derrien

Rêverie

Moi, j'aurais aimé être archiduchesse, qu'on me donne du « Votre Altesse Impériale » à longueur de journée, un duc sympa, bienveillant, charmant, à mes côtés.

Nous habiterions dans un beau palais, meublé avec goût et raffinement. Je ne serais entourée que de choses qui ravissent le regard. Je prendrais le temps, chaque jour, pour choisir de magnifiques étoffes afin de garnir ma garde-robes.

J'évincerais autour du duc, cette file de lopettes qui traînent à sa suite dans l'espoir de quelques faveurs.

J'aimerais près de moi quelqu'un d'ouvert à qui je dirais « aime-moi lorsque je le mérite le moins, car c'est alors que j'en ai le plus besoin ». Ce ne pourrait être le duc, trop occupé par la gouvernance du duché.

Et surtout, surtout, nous serions en Autriche. Sans doute y ai-je vraiment vécu dans une autre vie car ce pays m'effraie et me fascine à la fois.

Au lieu de ça, me voilà larbin dans un hôtel cinq étoiles, à Florence, à nettoyer les cochonneries qu'une bande d'idiots laisse traîner derrière eux. J'ai même eu droit à un connasse parce que j'avais râlé après un client. J'étais loin du Votre Altesse. Sans oublier tous ceux, parce que vous avez le costume de la petite soubrette qui vous mettent la main au cul.

« J'ai beau me dire que je crois au miracle, que je suis optimiste et que rien n'est grave », parfois c'est difficile.

2 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Le tribun

Trois barils composaient une estrade improvisée à la hâte. Lui, l'étranger, l'homme révolté, il était là, dressé, puissant, haranguant la foule avec talent. Des épées de soleil terrassaient la place o

Caligula

Caligula : C’est une vérité toute simple et toute claire, un peu bête, mais difficile à découvrir et lourde à porter. Hélicon : Et qu’est-ce donc cette vérité, Caïus ? Caligula : Les hommes meurent et