• Delphine L

En fait

« Il est parfois plus facile de dire les choses très personnelles à une étrangère. Comme si c’était moins déstabilisant de se confier à quelqu’un qui ne vous connaît pas. » Lindwood Barclay


Par exemple, vous m’êtes si familière, comme une amie à qui je me confierais. C’est indescriptible cette sororité, n’est-ce pas ? Comme une communion d’esprit. Regardez-nous d’ailleurs ! Nous nous ressemblons tellement, vous ne trouvez-pas ? Mais si, observons-nous : regardez, par exemple, nos cheveux ! On ne saurait les différencier avec certitude. Et nos vêtements, c’est incroyable : ce sont exactement les mêmes… un hasard avez-vous pensé, n’est-ce pas ? Et vous sentez cette flagrance : un mélange de légèreté et de sensualité, mais de vous ou de moi, qui porte ce parfum ?

Je lis dans votre regard une inquiétude, mais n’ayez pas peur, je veux juste discuter un peu.

J’aime tellement vous parler, vous semblez me comprendre tout entière. D’ailleurs c’est un peu mon histoire que vous avez couchée sur le papier, non ? Je me retrouve dans chacun de vos mots, et tout

nouveau roman est comme une partie de ma vie qui se dévoilerait. Vous ne cillez pas. Vous avez dû entendre cela mille fois, n’est-ce pas ? Mais peut-être qu’ici, avec moi, vous sentez que c’est

différent ? C’est bien au-delà de tout ce que je pourrai vous dire, vous êtes ma raison d’être et chacun de vos romans est une bouée qui me maintient en vie. Alors, imaginez dans quel gouffre je

suis tombée quand j’ai appris la vérité. Vous avez pillé chacun de vos mots et profité de la gloire. Car tout est faux, n’est-ce pas, vous n’avez pas écrit la moindre ligne ?

Cessez d’essayer de crier, personne ne vous entend, sinon j’enfonce un peu plus votre bâillon. Et arrêtez de gesticuler dans tous les sens, vous ne pourrez pas défaire vos liens. Et oui, vous voyez, j’ai suivi le mode d’emploi de l’un de vos romans. Vous êtes étonnée ? Vous avez lu vos propres livres quand même ? Rassurez-moi ! J’aurais tellement aimé rester un peu plus avec vous à

discuter de cette héroïne qui est tout moi, mais assez de confidences ! Oui je vais me taire, et vous, vous allez mourir, en fait.

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