• Quignard Kudelka

Le stade

Mis à jour : 3 déc. 2020


Une clameur s’élève des gradins. C’est une journée de bonheur pour Albucius qui vient de remporter le pentathlon devant Babaoum de Mogador. Albucius est chez lui dans ce stade. Il en connaît la vie secrète, les ombres errantes de ceux qui l’ont précédé et qui comme lui, encore enfants se sont entraîné à la palestre, ont foulé cette piste, y ont lancé le javelot, y ont lutté pour l’honneur de leur cité.

Aujourd’hui, le front ceint de la couronne d’olivier qui récompense le vainqueur, il savoure son triomphe. Sa tête est pleine des cris qui ont salué ses victoires dans toutes les disciplines. Son nom figurera sur les tablettes de buis d’Apronenia Avitia où sont consignés les hauts faits des héros de la cité.

Villa Amalia l’attend Alexandra de Lycophon, la belle esclave qui partage sa couche.

Les clameurs se sont tues. Le héros fatigué s’éloigne et moi je reste dans les ruines de ce stade qui ne voit plus aujourd’hui que des hordes de touristes suivant peut-être un guide qui tente

avec courage de leur faire sentir la beauté sublime de ce lieu. Combien y seront sensibles ?

Qu’ils s’en aillent pour trouver les enfers des villes et me laissent seul écouter l’écho des temps anciens et jouir de la lumière du jour sur les pierres des gradins gardiennes de la mémoire

de glorieux exploits.


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